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« C’est comme un phare, cette association, et on garde le phare »

Entretien avec Guylaine Chevallier, infirmière, responsable des membres de Sophrologie Suisse

Dans le cadre de notre rubrique Portraits, Sophrologie Suisse donne la parole à Guylaine Chevallier. Née à Toulon, arrivée enfant à la frontière genevoise, infirmière diplômée en 1982, puis infirmière anesthésiste, elle a passé trente ans au chevet de la douleur – au bloc, en réanimation, en oncologie pédiatrique, puis dans une maison pour personnes en fin de vie qu’elle a montée et dirigée. Elle a rencontré la relaxation dynamique en 1983 dans une association de quartier grenobloise, s’est formée à partir de 2003, a suivi les cycles supérieurs à Andorre auprès du Prof. Alfonso Caycedo, et achevé son Master spécialiste en 2008. Elle n’a jamais ouvert de cabinet. Elle siège depuis 2024 au comité de Sophrologie Suisse, où elle a la charge des membres. Elle revient ici sur une vie où la sophrologie n’a pas été un métier mais une boussole, sur ce qu’elle a changé dans sa manière de soigner, et sur les raisons qui l’ont fait lever la main le jour où l’association a failli disparaître.

Entretien réalisé par Igor Kopeykin, secrétaire général de Sophrologie Suisse

Guylaine Chevallier et ses fils
Guylaine Chevallier et ses fils

L’anxiété comme point de départ

Comment la sophrologie est-elle entrée dans votre vie ?

Je suis quelqu’un de très anxieux depuis que je suis gamine. Pendant mes études d’infirmière, c’était déjà compliqué : dès qu’on me regardait travailler, je perdais mes moyens, j’avais l’impression que je n’y arriverais jamais. J’ai eu mon diplôme en 1982, et l’année suivante, à Grenoble, je suis entrée dans une association de quartier qui proposait des séances de relaxation. On ne disait pas encore vraiment sophrologie à l’époque – on disait relaxation dynamique. J’en ai fait un peu, cela m’aidait bien, puis j’ai lâché.

Et qu’est-ce qui vous y a ramenée ?

Les gens. Je suis devenue infirmière anesthésiste, je côtoyais des personnes qui avaient mal, et j’ai commencé à m’y intéresser autrement. Une collègue de l’hôpital cantonal de Genève m’a reparlé de la formation. J’ai commencé en 2003, le cycle fondamental, à Yenne en Savoie, avec Guy Chedeau et Raymond Abrezol. Mes enfants étaient petits.

Qu’est-ce que ces premières années vous ont donné ?

De me connaître. La respiration, la concentration sur une chose et pas sur mes pensées. Refaire le lien corps-esprit. Cela a été la découverte fondamentale : je n’étais pas seulement un esprit qui part, je pouvais revenir dans le corps.

« C’était vraiment pour moi la découverte fondamentale : je n’étais pas qu’un esprit qui part. »

Plus puissant qu’un antalgique

Vous avez utilisé la méthode à l’hôpital, sans mandat pour cela.

Sans mandat, oui. J’avais demandé que ma formation soit prise en charge par l’employeur, on m’avait répondu non : en anesthésie, on endort, on réveille, on traite la douleur, c’est technique. Je l’ai faite en plus de mon travail, et je m’en suis servie en plus de mon travail. Des années plus tard, une infirmière du service de la douleur chronique a obtenu, elle, cette prise en charge. On m’a dit : Guylaine, tu étais trop tôt.

Comment cela se passait-il, concrètement, auprès de quelqu’un qui a mal ?

J’utilisais surtout la respiration et l’anticipation positive. J’aimais bien faire partir les gens alors qu’ils étaient dans leur lit avec leurs douleurs – et ils y arrivaient quand même. Se remémorer un souvenir heureux, et le ressentir. La douleur passait, et ils se rendaient compte qu’ils étaient autre chose que simplement l’organe qui leur faisait mal.

« Ils se rendaient compte qu’ils étaient autre chose que simplement l’organe qui leur faisait mal. »

Vous attendiez-vous à ce que cela fonctionne en réanimation, ou en salle de réveil ?

Non. Avec des gens qui avaient des tuyaux partout, j’avais l’impression que ma sophrologie n’allait pas adhérer. Et finalement c’était bien plus puissant qu’un antalgique, parce que cela les mettait dans une autre dimension tout en les gardant connectés à leur corps. La partie qui faisait mal ne prenait plus toute la place. Je me souviens d’une dame qui n’allait pas bien du tout ; au bout d’un quart d’heure, son visage s’était transformé. Il y avait un espoir : ah oui, c’est possible, j’ai aussi autre chose dans mon corps.

« C’était bien plus puissant qu’un antalgique – mais ils étaient toujours connectés à leur corps. »

Ce que la formation a changé dans le soin

Vous dites que la sophrologie a modifié votre manière de soigner. En quoi ?

Au début, quand je m’occupais des patients pour la douleur, j’étais très technique : il y a un traitement, il y a un moyen, il y a un protocole. Et je ne comprenais pas les gens qui refusaient de prendre des médicaments – la morphine existe, comment peut-on supporter d’avoir mal ? Après la formation, je les entendais mieux. Je ne voulais plus absolument leur donner un traitement. Cela m’a développé une écoute, et un accueil des besoins de l’autre, au lieu de ma volonté à moi.

« La sophrologie m’a permis de dire : ils ont leur libre arbitre, et la liberté de choisir ce qui est bon pour eux. »

Et dans l’accompagnement des personnes en fin de vie ?

J’ai quitté l’hôpital cantonal en 2011 pour monter une structure pour personnes en fin de vie à Chêne-Bougeries. Là, cela m’a remise face à l’essentiel. J’allais chaque été aux séminaires d’Andorre, et cela me faisait du bien pour accueillir les familles – qui ne sont jamais toutes à la même étape pour laisser partir leur proche. Cela m’aidait à ne pas être en lutte, à ne pas vouloir que les choses soient autrement qu’elles sont.

« Cela m’aidait à ne pas être en lutte, à ne pas vouloir que les choses soient autrement qu’elles sont. »

Andorre, et ce qui brasse

Vous avez suivi les cycles supérieurs auprès du Prof. Caycedo lui-même.

De 2005 à 2008, à Andorre. Je l’ai eu jusqu’au dixième degré ; les derniers, c’était sa fille, la Dresse Natalia Caycedo. On était cinq cents dans ces grandes salles. Il nous laissait debout, dix minutes, un quart d’heure, sans un mot – on avait les yeux fermés, on ne savait pas où il était, et puis sa voix revenait. Et il n’y avait aucun support : aujourd’hui vous ressortez d’un séminaire avec du matériel, à l’époque c’était d’une légèreté extrême.

Qu’est-ce qui vous reste de lui ?

« Bonjour soleil, bonjour monde nouveau. » Et quelque chose de l’ordre d’une ouverture de l’âme. Je pense qu’il était en connexion tellement directe avec la sienne que cela lui paraissait évident – au point qu’il ne montrait pas forcément le chemin. Sur le moment, j’étais réticente : cela me paraissait presque ésotérique. Ou alors c’était si fort que cela me faisait peur.

Vous dites que ces degrés vous ont « brassée ».

Beaucoup trop. En 2008, je n’ai pas mesuré la profondeur de ce que je traversais. J’avais senti que cela me brassait, et c’est tout. Je crois qu’au départ je prenais la relaxation dynamique pour un petit truc qui aide à aller mieux, alors que c’est un travail de fond.

Le burn-out, et la réactualisation

Vous avez fait un burn-out en 2014, alors que vous étiez sophrologue depuis six ans.

Oui. Et la question se pose : pourquoi la sophrologie ne m’en a-t-elle pas préservée ? Parce que je me suis laissée déborder. Par mon anxiété de nature, par la responsabilité que j’avais dans cette maison. Et parce que je n’avais pas mis en place une pratique régulière. Il y avait une partie de moi qui savait, mais elle était loin, et je ne l’écoutais pas.

Qu’est-ce qu’elle vous a donné, alors, dans cette traversée ?

De m’apaiser, de mettre de la distance, et surtout de me reconnecter au corps. Avec le burn-out, j’étais entièrement dans mes pensées – ce que je fais déjà naturellement, mais là cela avait pris toute la place. Et après, je me suis dit qu’il fallait reprendre contact. J’ai refait le cycle fondamental à Grenoble, en réactualisation.

Qu’est-ce qu’une réactualisation apporte, quand on a déjà le Master ?

La relaxation dynamique isocay n’existait pas quand je me suis formée – en 2008 c’étaient les prémices. En la découvrant, j’ai trouvé une puissance que je ne connaissais pas. Jusqu’au fond des cellules. Et la préparation à la journée, que nous ne faisions pas non plus : j’ai trouvé cela fabuleux. On parlait d’intentionnalité, mais pour moi c’était un mot – je confondais intentionnalité et volonté. J’ai mis des années à comprendre que ce n’est pas la même chose.

« Je confondais intentionnalité et volonté. J’ai mis des années à comprendre que ce n’est pas pareil. »

Et sur votre vie ?

Quand on a des rendez-vous réguliers, on met des choses en place. J’ai bien vu, pendant cette réactualisation, que ma vie n’était pas la même.

« J’ai bien vu que ma vie n’était pas la même. »

La cape d’infirmière

Vous n’avez jamais ouvert de cabinet. Qu’est-ce qui vous retient ?

Deux choses. La première, c’est que je trouve que je ne l’incarne pas assez, faute d’une pratique régulière. On me dit que la pratique devrait être comme se laver les dents ; moi, je me lave les dents tous les jours et je n’y arrive pas. Je ne peux pas aller accompagner des gens si je n’y arrive pas moi-même – cela ne me paraît pas très honnête.

« Je ne peux pas aller accompagner les gens si moi-même je n’y arrive pas. Ce n’est pas très honnête. »

Et la seconde ?

Un formateur m’a dit un jour que j’étais trop infirmière. Dans mon cadre professionnel, j’ai un rôle, des gestes, un protocole. J’ai ma cape. Elle me sécurise, et sous elle je peux faire sans y penser. Accompagner, ce n’est pas la même chose : vous laissez l’autre trouver ses ressources. Moi, j’ai l’impression d’avoir un devoir de réussir.

« J’ai ma cape d’infirmière. C’est comme si c’était pour moi une sécurité. »

Vous l’avez éprouvé auprès des enfants.

J’ai fini ma carrière en anesthésie pédiatrique, et je m’occupais de la douleur des enfants malades, en post-opératoire et en oncologie. Nous avions une formation d’hypnose pour les gestes techniques. J’étais vite bloquée dans mon scénario, parce que j’étais trop attentive au résultat : si le gamin bougeait, je me disais que cela ne marchait pas. Or les enfants bougent, cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas dans un état de conscience modifiée. Mais moi, je l’interprétais avec ma peur de ne pas réussir, et forcément cela marchait moins bien.

Vous nommez cela comment ?

Je veux absolument aider. Je suis vraiment dans l’aide absolue. Et du coup je ne laisse pas à l’autre la possibilité de prendre ce dont il a besoin : c’est moi qui décide de mon aide. J’exagère un peu, mais je n’en suis pas loin.

« Je veux absolument aider. Je suis vraiment dans l’aide absolue. »

Quinze heures par semaine, et une prise de sang

Vous dites ne pas pratiquer. Et pourtant vous travaillez encore.

Depuis un an, quinze heures par semaine, comme infirmière dans un laboratoire d’analyses du Chablais. Je fais des prises de sang. Les gens arrivent stressés – une prise de sang n’est jamais un bon moment, soit on est malade, soit on attend un résultat. Je les installe, je les mets bien, je les fais se concentrer sur leur respiration, et je leur demande de me parler de leurs vacances. Pendant ce temps, je pique. En général cela se passe bien, parce qu’ils sont ailleurs.

Guylaine Chevallier au laboratoire, pendant une prise de sang
Guylaine Chevallier au laboratoire d’analyses

Et ils le sentent.

Ils me disent : je n’ai pas eu mal, ce n’était pas si difficile. C’est un petit truc, mais c’est grâce à la sophrologie que j’en suis arrivée là. C’est ma petite participation.

« C’est un petit truc. Mais c’est grâce à la sophrologie que j’en suis arrivée là. »

L’appel au secours

En 2024, une assemblée générale extraordinaire a mis l’association devant sa dissolution. Vous y étiez.

En visioconférence. Quand il a été dit que, si personne ne reprenait, l’association serait dissoute, cela m’a fait mal au cœur. Je ne suis pas douée en informatique, et je me suis dit tant pis, je me lance. On ne peut pas laisser mourir cette association, avec tout l’historique qu’elle porte. Pour moi c’était inimaginable qu’elle cesse.

« On ne peut pas laisser mourir cette association. Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais, mais je ne la laisserais pas mourir. »

Vous n’en vivez pas, de la sophrologie. Pourquoi tenir à cette association-là ?

Parce que c’est elle qui m’a permis de garder le lien. Professionnellement, je l’utilisais, mais à ma façon, sans contrat, sans cadre. J’ai toujours payé ma cotisation, même les années où je ne pouvais pas aller aux séminaires, pour savoir ce qui se passait. C’est comme un phare, cette association. On garde le phare, parce qu’il nous éclaire.

« C’est comme un phare, cette association. On garde le phare, parce qu’il nous éclaire. »

Comment l’équipe actuelle s’est-elle trouvée ?

Marie-Jo Magnin s’est imposée comme présidente – j’avais senti son énergie et je me suis dit qu’on en ferait quelque chose. Caroline Wieland, par son parcours, a tout de suite dit : la formation continue. Marine Coursimault a pris la trésorerie. Moi, je savais que les comptes n’étaient pas mon affaire, et j’ai pensé que je pourrais m’en sortir avec la gestion des membres. Cela s’est fait simplement, naturellement.

Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Une énergie positive, et beaucoup de bienveillance les uns envers les autres. Nous sommes tous différents et nous avons le même objectif. Cela me stimule énormément, et j’ai l’impression d’avoir beaucoup appris en travaillant avec les autres.

Le comité est entièrement bénévole. Qu’est-ce que cela permet ?

Cela nous met tous dans le même bateau. Je sais bien que certains postes demandent davantage que d’autres. Mais le bénévolat fait partie de l’esprit de la sophrologie : on est là pour quelque chose de plus grand que nous, pour que cette méthode soit accessible au plus grand nombre. Je me dis d’ailleurs qu’il faudrait l’écrire une fois aux membres – que nous sommes bénévoles, que nous faisons au mieux, et que nous ne répondons pas toujours tout de suite.

« On est là pour quelque chose de plus grand que nous. »

Tenir la liste

Vous avez la charge des membres. Qu’apprend-on d’une association quand chacun de ses membres passe entre vos mains ?

Cette année, le passage à la nouvelle base m’a conduite à réinscrire une à une plus de cinquante personnes, par petits lots, entre deux voyages. J’ai découvert beaucoup de monde qui fait beaucoup de choses – ce n’était pas rien.

L’annuaire en ligne est, pour beaucoup, le premier visage de la sophrologie caycédienne en Suisse. Qu’est-ce qui fait une bonne fiche ?

Celle où il y a une description de la personne. Le système actuel donne plus de liberté – et donc plus de responsabilité.

« Le système actuel donne plus de liberté – et donc plus de responsabilité. »

Autrement dit, le visage public de la sophrologie suisse se reconstruit cette année, et pas seulement depuis le secrétariat.

Exactement. Ce n’est plus l’image que le secrétariat veut donner.

Ce qui a mûri

Comment percevez-vous aujourd’hui la tridimensionnalité de Sophrologie Suisse : son histoire, son actualité et son devenir ? Qu’est-ce qui doit être préservé, qu’est-ce qui doit évoluer, et qu’est-ce qui demande à être inventé ?

L’histoire, d’abord : ce qui est aujourd’hui découle de ce qui a été. Sophrologie Suisse n’est pas née comme cela, il y a tout un travail derrière, et il a été considérable. Il faut le garder. Ensuite, lui donner un nouveau souffle, pour que les gens s’emparent davantage de la méthode. Je comprends de mieux en mieux Caroline sur la formation continue : c’est par là que l’envie de pratiquer et d’aller plus loin viendra. Le prochain cours est bien mieux rempli, et cela me réjouit.

Un mot, sans réfléchir, pour ces trois temps.

L’énergie. Mais c’est un tout : quelque chose a mûri, qui est bon, et qui est prêt à se faire voir. Comme une maturation souterraine. C’est vrai qu’on n’entendait pas parler de la sophrologie – à l’hôpital, l’hypnose passait, la sophrologie moins, parce qu’elle demande quelque chose d’un peu plus intérieur. D’être sujet. Et là, c’est le moment de le faire sortir.

« Quelque chose a mûri, qui est bon, et qui est prêt à se faire voir. »

Une demande est arrivée cet automne pour faire renaître les groupes de pratique à Lausanne. Qu’apportent-ils à une communauté de sophrologues ?

De pouvoir s’entraîner ensemble, discuter ensemble, et se donner de la force les uns aux autres. Les sophrocentres, à l’origine, c’était autre chose : c’était pour transmettre, pour que des gens qui ne font pas la formation puissent goûter la méthode, comme on va à un cours de yoga sur une année. Les deux sont nécessaires.

Vous vivez en France, où la méthode n’est pas remboursée, et vous siégez au comité d’une association suisse où elle l’est. Que voit-on de l’autre rive ?

Qu’on a besoin de cette association. Il y a des sophrologues français de la région qui appartiennent à l’association française, mais il n’y a pas, entre eux, ce qui se met en place ici – les échanges, les groupes de pratique. La reconnaissance suisse, c’est une spécificité qu’il faut défendre : elle dit que la sophrologie fait partie des méthodes de prévention pour une meilleure santé. En France, on commence à rembourser quelques consultations psychologiques aux jeunes ; il faudrait arriver à la même chose pour la sophrologie. C’est une vraie politique de prévention.

« La reconnaissance suisse, c’est une spécificité qu’il faut défendre. »

Oser

Si vous deviez transmettre une chose aux membres de Sophrologie Suisse et aux nouvelles générations de sophrologues, quelle serait-elle ?

Oser. Oser pratiquer la sophrologie.

« Oser. Oser pratiquer la sophrologie. »

Guylaine Chevallier est membre de Sophrologie Suisse et responsable des membres au sein du comité. Sa fiche figure dans l’annuaire des sophrologues de l’association.

Pour toute information complémentaire ou inscription, merci de contacter directement le sophrologue.

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