Les 10 et 11 octobre, six membres de Sophrologie Suisse ont suivi en ligne la formation continue « Accompagnement périnatal par la sophrologie caycédienne », donnée par Charlotte Weiss. Deux journées riches, adossées à l’exposé systématique d’une spécialisation très demandée.
Charlotte Weiss est sage-femme de formation. Diplômée en 2004 à Grenoble, elle a travaillé en salle de naissance, en maternité et en grossesses pathologiques à Annecy puis à Lyon. Elle devient sophrologue en 2016 et obtient en 2019 le titre de Master Spécialiste en sophrologie caycédienne auprès de Sofrocay. Installée près de Poitiers, elle accompagne les femmes et les couples du désir d’enfant jusqu’au post-partum, en cabinet et en visioconférence, et forme des sophrologues à cette thématique.

Deux journées, du corps à la pratique
La formation est partie de ce que vit une femme enceinte. Son corps change de semaine en semaine : le souffle se raccourcit, le centre de gravité se déplace, le sommeil se dérègle. Sa vie change aussi, et plus profondément. Charlotte Weiss définit la grossesse comme une véritable crise existentielle : on passe d’être une personne à être deux, de fille à mère, d’une vie centrée sur soi à la responsabilité d’un enfant qui dépendra entièrement de soi.
Les participant·es ont ensuite suivi le déroulement d’un accouchement physiologique — le rôle de l’ocytocine et des endorphines, les composantes de la douleur, l’importance pour la femme de pouvoir bouger et rester à l’écoute d’elle-même — puis l’évolution des pratiques obstétricales. Restait le quatrième trimestre, ces semaines qui suivent la naissance, regardées tour à tour du côté de la mère, du père, du couple et de l’enfant.
Une partie entière était consacrée à la naissance en Suisse : les professionnel·les de la périnatalité, les lieux de naissance, le suivi de la grossesse et du post-partum, le congé maternité. Le reste de la formation est revenu à la méthode, avec un protocole d’accompagnement en sept séances et des cas pratiques.
« On ne travaille pas sur des symptômes mais sur des axes à renforcer. »
Ce que la sophrologie apporte quand on attend un enfant
Beaucoup de femmes viennent en fin de grossesse, avec un but précis : bien vivre leur accouchement. L’accompagnement proposé par Charlotte Weiss commence de préférence vers la trentième semaine et vise plus large que le jour de la naissance. Il s’organise autour de cinq axes.
Écouter son corps, d’abord : apprendre à percevoir ce qui se passe en soi, distinguer quand on se sent bien ou non, et trouver la posture qui convient — pendant la grossesse, pendant le travail, et plus tard face aux besoins d’un nouveau-né qui ne s’exprime que par le corps et l’émotion. Respirer, ensuite : retrouver de l’espace quand le ventre en prend, et faire de la respiration une alliée pendant les contractions, que la méthode accompagne comme une vague qui monte, atteint son palier et redescend.
Le troisième axe est le lien avec l’enfant à naître : des temps de rencontre, dans la conscience du corps, avec le bébé que l’on porte. Le quatrième est la sécurité intérieure : un lieu de calme en soi, où revenir quand la peur monte, avant ou pendant l’accouchement. Le dernier est la projection : se représenter la naissance, puis les premières semaines à la maison, la reprise du travail, les moments difficiles aussi, pour s’y préparer sans les redouter. Lorsqu’une césarienne est programmée, une séance permet de s’y préparer comme à une autre manière de mettre son enfant au monde.
La sophrologie peut aussi intervenir plus tôt — dès le début d’une grossesse après un parcours de procréation médicalement assistée ou une fausse couche — et après la naissance : retour au corps, allaitement, reprise du travail, arrivée d’un aîné ou d’un cadet. Le co-parent y a sa place, pendant la grossesse comme le jour de la naissance.
Elle ne remplace ni le suivi de la sage-femme ni celui du médecin : elle s’y ajoute. Le sophrologue travaille en réseau et oriente vers la sage-femme, le ou la gynécologue ou le ou la psychologue spécialisé·e en périnatalité quand la situation le demande.
Une spécialisation à la portée de nos membres
La formation demandait la connaissance des quatre premiers degrés, mais elle est allée jusqu’à la profondeur des cycles supérieurs : elle a relu la méthode degré par degré, du premier au douzième, pour montrer comment chaque pratique s’adapte à la grossesse — jusqu’à la vivance des valeurs de liberté, de responsabilité et de dignité rapportées à la maternité. Une attestation détaillée est remise après une participation complète et la réussite du questionnaire final ; ces heures entrent dans la formation continue exigée par l’ASCA et par le RME.
Nous remercions Charlotte Weiss pour ces deux journées, ainsi que Caroline Wieland, notre vice-présidente, qui a organisé ce cours.
Le site de Charlotte Weiss : weiss-sophrologie.fr.